Après neuf années d’attentes, la série Max Payne a (enfin) droit à un nouvel épisode, retraçant la suite de la vie de notre ami dépressif préféré. Mais cette fois-ci, on quitte les rues sombres et la pègre newyorkaise pour le soleil et les plages brésiliennes de São Paulo ! Cependant, Max va vite se rendre compte que ce paradis cache également enlèvements et autres joyeusetés.

Ce troisième volet nous place donc encore une fois dans la peau de Max Payne, neuf ans après les évènements du second épisode. Licencié de la police newyorkaise, Max sombre de plus en plus profondément dans l’alcool et son addiction aux analgésiques ne fait qu’empirer. Max ne peut s’empêcher de penser à l’assassinat de sa famille survenu plusieurs années auparavant. C’est alors qu’une connaissance, Raul Passos, propose à l’ex-flic de l’accompagner à São Paulo et de se reconvertir en agent de sécurité. Max accepte et devient alors le garde du corps de la famille Branco, composée de trois frères : un riche businessman, un célèbre homme politique, et un fêtard. Lors d’une sortie en boîte de nuit, Fabiana, la femme de Rodrigo (l’homme d’affaire) est kidnappée par un gang, le Comando Sombra. Max, étant alcoolisé 24h/24, se sent coupable de sa disparition et va tout mettre en oeuvre pour retrouver la jeune femme.

“I’d been sitting at the bar for three hours, or five years depending on the way you looked at things.”
“J’étais assis au bar depuis trois heures, ou cinq ans selon comment on voit les choses.” -Max Payne

Ne vous laissez pas berner par le nouveau look boule à zéro/chemise à fleurs que l’on peut apercevoir dans les trailers, l’univers de Max est toujours aussi noir et dépressif. Notre « héros » est toujours torturé par son passé, et bien qu’il commence son séjour sous les tropiques dans une ambiance festive, toujours un verre d’alcool à la main, la situation va vite dégénérer et le faire replonger vers son ancien démon : la vengeance. Par ailleurs, Max n’a pas perdu de son éloquence. Que ce soit les dialogues des cinématiques ou de simples commentaires in-game, les dialoguistes (sisi, ça existe comme mot) ont fait un travail extraordinaire. Chaque phrase de Max est soigneusement écrite, avec toujours un brin d’humour ou de cynisme, selon la situation. Le scénario est plutôt bien ficelé dans l’ensemble, avec quelques rebondissements, mais surtout un vrai travail sur le personnage de Max qu’on a du mal à quitter en finissant le jeu.

Côté gameplay, Max Payne 3 reprend les fondamentaux de la série. Vous agissez seul dans des environnements (très) linéaires contre des nuées d’ennemis armés jusqu’aux dents. Pour vous permettre d’arriver au bout des niveaux, vous disposez de plusieurs capacités très utiles. La plus célèbre d’entre elles, le bullet-time, vous permet de ralentir le temps façon Matrix pour aligner quelques jolis headshots. Vous pouvez également combiner ce bullet-time avec un plongeon, le shootdodge, afin d’éviter les balles de vos ennemis tout en les abattant de manière très très stylée. Rien de nouveau pour les habitués jusqu’ici. Petite subtilité cependant : à votre réception au sol, vous pouvez rester couché et continuer de canarder. Très pratique si un ennemi a survécu à votre plongeon ou pour rester à couvert derrière un meuble pour éviter de finir en gruyère.

Rien de plus classe qu’un shootdodge en costume gris-beige…

L’incontournable système de couverture a également été implémenté. Rien de particulier à dire dessus, puisque ce système existe maintenant dans 99% des third person shooter de manière quasiment identique. Autre point, cette fois-ci moins courant de nos jours : une vraie barre de vie ! Pas de régénération automatique, vous trouvez des analgésiques disséminés dans les niveaux pour vous rendre un peu de santé. D’ailleurs, si vous vous faites descendre et qu’il vous reste quelques pilules en poche, vous bénéficierez d’un bullet-time automatique durant votre chute pour descendre votre bourreau. Si vous réussissez, la partie continue, sinon, retour au dernier checkpoint ! La difficulté est au rendez-vous au niveau des dégâts : la barre de vie se vide comme une fusée, une des nombreuses touches old-school qui raviront les gamers de longue date.

On sent que Rockstar n’a rien voulu laisser au hasard. Le souci du détail est franchement très impressionnant. Que ce soit les animations soignées grâce à la combinaison des moteurs RAGE et Euphoria dont le studio s’est fait la spécialité (Grand Theft Auto IV et V et Red Dead Redemption utilisent ces moteurs) ou le fait que Max n’ait pas des poches Mary Poppins. Il ne peut avoir que 2 armes de poing (pistolet ou mitraillette légère) et une arme plus lourde (fusil d’assaut, à pompe) et lorsque l’on utilise un pistolet, il garde l’arme lourde dans son autre main ! Autant de détails qui font que l’on est émerveillé à chaque instant, même pour un plongeon raté qui voit Max terminer sa course en se mangeant violemment un mur, mais avec l’animation qui va bien avec.

« I knew this was a bad idea, but, in the absence of any good ideas, I continued forward. »
« Je savais que c’était une mauvaise idée, mais en l’absence de bonnes idées, j’ai continué. » -Max Payne

Et les deux moteurs offrent également une qualité graphique assez remarquable. Aucune texture foireuse (ou alors elles sont bien cachées) et les visages sont super expressifs. Les effets de lumières sont réussis, qu’ils s’agissent des spots d’une discothèque de São Paulo ou des rayons du soleil dans les favelas brésiliennes. La bande son n’est quant à elle pas en reste, avec pas mal de sons venus tout droit do Brasil, des bruitages excellents et des doublages justes, notamment pour Max, doublé par le talentueux James McCaffrey. Et comme si ce n’était pas suffisant, la mise en scène explosive procure de réelles sensations, surtout lorsque la liaison entre cinématique et gameplay disparaît. Par exemple, dans une des premières mission, Max sirote tranquillement un verre lorsque des hommes armés attaquent la discothèque. Ni une ni deux, Max sort son flingue, abat un ennemi et fonce sur un autre afin de briser une vitre et d’enclencher un joli bullet-time. Ensuite, c’est à vous de jouer.

Max n’aime pas trop les vitres… ni les mecs cagoulés

Après dix magnifiques heures pour boucler la campagne solo, vous pourrez toujours vous rabattre sur les modes arcades, où vous pourrez rejouer les missions du solo avec certaines contraintes (un chrono d’une minute à remplir en tuant des ennemis par exemple). Vous aurez également la possibilité de passer du temps sur le mode multijoueurs, grosse nouveauté de ce Max Payne 3. Vous aurez droit au classique deathmatch, mais aussi à d’autres modes plus originaux, comme le Payne Killer, ou vous devrez survivre en binôme contre tous les autres joueurs. Le multi semble en effet fun, mais j’avoue ne pas pouvoir en dire beaucoup plus, sachant qu’à chaque fois que j’ai tenté de m’y mettre, les serveurs étaient soit incroyablement désertiques, soit le matchmaking est foireux.

Rockstar Vancouver avait un sacré défi à relever en prenant en charge ce Max Payne 3, tellement le souvenir des deux premiers volets est resté présent dans le coeur des fans. Et on ne peut dire qu’une chose : défi relevé avec succès ! Avec un lot de nouveautés intéressantes, le jeu ne renie pas pour autant ses aînés et procure probablement l’une des meilleures expériences de jeu de cette année 2012. Un vrai must have !
  • La frénésie des gunfights
  • Les dialogues
  • Le retour de Max
  • Une mise en scène à couper le souffle
  • Un côté old-school qui ravira les vrais gamers
  • Quelques très rares soucis de physique
  • Le fait de ne pas avoir d’autres moins…

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