Les Films de MrLichi :

Full Alert de Ringo Lam [Hong Kong à l'honneur]

Full Alert établit un tableau de personnage meurtri, forgé d’un caractère rare. Cet homme, un policier persuadé qu’une banale affaire de meurtre cache finalement une intrigue bien plus imposante, va être le pivot de ce polar d’un pessimisme rare. Noir, parfois même presque clandestin dans sa mise en scène, le film s’affranchit des codes existants pour livrer une enquête sordide. L’ambiance permet au récit de prendre une dimension morbide, où la mort et la survie s’imposent dans un milieu urbain pourtant développé. Les lieux de l’action, minutieusement choisis, s’avèrent malsains, à l’image du film et de l’enquête qu’il déploie.
S’il y a bien une chose absente du film, c’est un certain manichéisme. A aucun moment les personnages se distinguent par leurs décisions, tous sont à la fois d’une cruauté criminelle et animés d’une volonté protectrice envers leurs proches. Chacun possède ses propres démons, leurs esprits semblent torturés par leurs choix de vie et leurs regrets
Petit à petit, Full Alert prend une ampleur grandissante, jusqu’à toucher du doigt les questions existentielles telles que la valeur de la vie, à quel point un homme peut-il se dépasser afin de protéger les siens plus que lui-même,..
Un polar d’une noirceur intense, des personnages terriblement tourmentés, un bijou du cinéma hong-kongais.

Titre Français : Full Alert
Titre Original : Go do gaai bei
Réalisation : Ringo Lam
Acteurs Principaux : Lau Ching-Wan, Francis Ng Chun-Yu, Amanda Lee Aday
Durée du film : 01h38
Scénario : W.K. Lau, Ringo Lam
Musique : Peter Kam
Photographie : Ardy Lam
Date de Sortie Française : 18 Juillet 1997

Les films de Nox :

Tigre et Dragon de d’Ang Lee [Hong Kong à l'honneur]

Tigre et Dragon, le film où le Tigre de l’occident a vaincu sur le Dragon chinois. Car Il s’agit ici avant tout d’une réussite hors-pays d’origine. La réputation du film n’est plus à fonder, renouveau du cinéma de sabre chinois, le Wuxiapian, alors en chute libre et surtout porte grand ouverte aux curieux, Tigre et Dragon n’a pas perdu une ride en une décennie.
Si le travail hallucinant de Yuen Woo-ping est indéniable et que le film ne perd jamais de sa fluidité, c’est avant tout visuellement que Tigre et Dragon mérite sa réputation. Coupant le pont avec le cinéma chinois typique, Tigre et Dragon devient une fresque où les rares contraintes physiques dépassent l’état de simple outil de vengeance, de tremplin à l’action. Car si certains passages semblent d’un d’un mauvais goût certain, c’est car l’on s’arrête au film de combat, la forêt de bambou dépasse littéralement le stade de support, la nature devient élément de la chorégraphie, de légèreté. Ang Lee a transformé ce qui lui servait de base pour en faire un film beaucoup plus personnel, un film hommage qui n’aurait d’impact pas que sur les habitués, mais aussi sur les nouveaux spectateurs. Les personnages sont tous dotés d’un passé, d’une profondeur rendant chaque action fatidique, que ce soit par le travail de Chow Yun Fat ou Michelle Yeoh campant les rôles de Li Mu Bai et Yu Shu Lie, rapidement rejoints par le charme et la complexité du personnage de Zhang Ziyi, Jen Yu.
Mélangeant les sentiments, la poésie de Tigre et Dragon fais mouche, à moins d’être insensible à la beauté visuelle du conte travaillé par Ang Lee et James Schamus ou alors de s’attendre à un film au combat incessant sans une once de contre-poids, il est impossible de ne pas admirer son résultat.

Titre Français : Tigre et Dragon
Titre Original : Wò Hǔ Cáng Lóng (臥虎藏龍)
Réalisation : Ang Lee
Acteurs Principaux : Chang Chen, Zhang Ziyi, Michelle Yeoh
Durée du film : 01h59min
Scénario : Wang Hui-Ling, James Schamus et Kuo Jung Tsai d’après l’oeuvre de Du Lu Wang
Musique : Jorge Calandrelli
Photographie : Peter Pau
Date de Sortie Française : 4 Octobre 2000

Tabou (Tabu) de Miguel Gomes [Compétition Internationale]

Tabu, ou anciennement Aurora, sonne comme la véritable première surprise de ce Festival, déjà présent au Festival de Berlin, sa présence au Paris Film Festival pourrait enfin lui rendre honneur. Tabu est un film qui se découvre dès la première vision comme un récit purgé de toute référence directe, de toute inspiration quelconque ou tout du moins contemporaine, impossible de ne pas penser au cinéma de Murnau, représentant uniquement et avec intelligence la vision seule de l’auteur. Et pourtant ce n’est pas dans l’originalité de sa trame que Tabu brille, Miguel Gomes le disant lui même, l’histoire lui est simplement venu d’idées prises par ci par là. Qui n’a pas déjà vu, lu, l’histoire de l’amour interdit? Découpé en deux parties précédées par un prologue, narrant la vie d’une femme âgée puis de sa jeunesse, le film se dote ainsi de deux partis-pris fondamentalement différents. Volontairement tourné en noir & blanc, sa photo est habité d’une magnificence à chaque plan, la pureté de la mise en scène est in-fine indissociable de la magie de Tabu. Mais c’est dans la structure du récit que l’opposition se crée, dans une première partie le dialogue est omniprésent, illustration factice de cette femme dont la raison semble s’absenter. C’est paradoxalement dans la seconde partie que notre fascination naît réellement, cette seconde partie ne se dote que d’une voix off accompagnant continuellement l’image, alors qu’un certain hermétisme peut malheureusement naitre durant la première moitié du film, gâchant ainsi la totalité du film et nous conviant à un ennui mortel.
Mais si l’accrochage se fait, si l’envie vient, c’est avec envoûtement que l’on découvre cette ôde à la vie, la mort, à la mélancolie accompagnant la vie de l’homme.

Critique complète à venir prochainement.

Titre Français : Tabou
Titre Original : Tabu
Réalisation : Miguel Gomes
Acteurs Principaux : Teresa Madruga, Laura Soveral, Ana Moreira
Durée du film : 02h00
Scénario : Miguel Gomes, Mariana Ricardo
Musique : /
Photographie : /
Date de Sortie Française : 5 Décembre 2012

6 Responses

  1. FredMJG

    Que lis-je ?
    Tabou, ennuyeux ?!
    Vous n’avez pas vu Historias pour sûr.
    La première partie est résolument poignante. Et elle peut heurter, certes. Mais heureusement y a du rock et des crocos après :)

    Répondre
    • Nox

      Si j’en crois les ronflements derrières moi et les bavardages qui se déroulaient à ma gauche, je pense que c’est ce que malheureusement certains ont vécus, tant pis pour eux, ils ont loupés une belle moitié de cette lune.

      Répondre

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