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[PIFFF 2011] Malveillance

Nouveau film du réalisateur du surprenant [REC] et de l’hésitant La None, Malveillance ouvre avec brio cette première édition d’un festival en devenir, le PIFFF, en plaçant la barre qualitativement très haut. Jaume Balaguero, se trouve être aussi par la même occasion l’un des membres du jury aux côtés de Roger Avary (co-scénariste de Pulp Fiction), Christophe Gans (Crying Freeman, Le Pacte des Loups) et Lucile Hadzihalilovic (Innocence), mais nous nous attarderons sur ces derniers et sur la totalité du festival à sa fin.
Revenons en au film de Balaguero, film qui tranche avec son style habituel, abandonnant toute trace de fantastique (oui, je sais, c’est paradoxal) pour s’adonner à un style narratif d’autant plus oppressant car beaucoup plus proche de notre vie de tous les jours. Car, depuis plusieurs années il est difficile de ne pas nous pencher de plus en plus sur les films hispanophones, qui continuent à nous étonner par leurs styles indécelables et unique.

César est un concierge plus que disponible, il fait tout pour satisfaire les différents locataires de l’immeuble où il travaille. Mais en réalité, ce dernier est un tout autre homme, sous cette façade, il se trouve être quelqu’un qui se plaît à assouvir son bonheur en détruisant celui des autres.
Mais, il aime à faire passer une personne en priorité dans ces manigances, une unique victime lui confère plus de plaisir afin de l’anéantir par tous les moyens possibles. Et cette dernière porte le nom de Clara, une jeune fille simple d’esprit.

Avec ce film, Balaguero nous propose une autre facette du thriller qu’on a peu l’habitude de voir, celle du criminel, tout est appréhendé de son point de vue. On s’étonne même d’éprouver de la compassion pour cet être abject, à avoir peur pour lui, à s’inquiéter pour ce dernier. Comme s’il devenait la victime.
Parce que c’est cela qui est véritablement fort dans ce film, tout est renversé, on observe, impuissant et intrigué, les manies de cet homme sans pour autant devenir omniscient et ainsi découvrir avec la véritable victime peu à peu ses agissements.

Et pour cela, il fallait endosser un rôle plus qu’étrange, et il fallait donc un acteur qui puisse donner un vrai sentiment au personnage, et nous faire “aimer” cet être qui prend plaisir à détruire, anéantir toute trace de bonheur chez les autres. Et c’est là que Luis Tosar intervient, l’acteur montant du cinéma espagnol, que l’on a notamment aperçu dans Cellule 211 ou encore Même la Pluie.
On sent vraiment qu’il est toujours à l’aise dans ce qu’il fait, il semble ne vivre que dans la répétition et l’habitude, ce qui le rend d’autant plus effrayant. Il est ici réellement méconnaissable, plus svelte qu’à l’habitude et surtout doté d’une tignasse plus qu’étrange.

Les autres personnages ne sont en fait que les victimes de ce dernier. Notamment Clara, campée par Marta Etura, elle est la faiblesse incarnée, mais étrangement on n’éprouve aucun sentiment envers elle, quand elle est visée par César, c’est pour lui que l’on s’inquiète.
Il y a par contre un personnage avec qui l’on s’identifie le plus facilement, c’est la grand-mère, cette dernière peut paraître anodine au premier abord, mais étrangement, dans sa faiblesse est sûrement la plus naturelle.

L’autre force, la fin, est un véritable happy end illustrant avec brio la totalité du film et ne renie pas une seule seconde l’idée originale. Cette clôture simplement épique, et surtout d’une force sans pareille, nous conforte dans l’idée qu’une fin peut se situer ailleurs qu’entre le drame et la happy end.
Le dernier atout du film vient de certaines lenteurs qui confèrent une force au personnage de César, montant presque l’oeuvre au niveau de songe. Notons que pour se permettre le maximum de cadrages possibles, Balaguero s’est permis de reproduire tout l’appartement de Claire en studio.

Le seul véritable défaut du film vient de quelques (deux à tout casser) facilités scénaristiques qui auraient méritées à être soit simplement expliquées par une ou deux phrases, ou alors à être remaniées de manière plus habile.
Autrement rien ne vient entacher l’oeuvre de Balaguero, même en s’adonnant à un genre auquel il ne s’est jamais adonné en lui donnant l’air d’un conte.Tout se joue sur un flou qui peu à peu disparaît pour laisser place à l’horreur de la scène, mais surtout, la manière de penser de ce metteur en scène naturel qui prévoit tout au possible… Tout semble fondé, reposant sur des bases logiques et une architecture illustratrice de convictions qui nous sont moralement étrangères.

 

Maveillance ne fait pas que nous placer dans la peau de cet être naturellement abject, il nous fait chef d’orchestre de ses actes. Car même si au final, notre parti pris moral se fixe avec certitude, entre temps, nous éprouvons un certain stress au fur et à mesure que les découvertes et que les actes s’enchaînent en crescendo.

 

Titre Français : Malveillance
Titre Original : Mientras Duermes
Réalisation : Jaume Balagueró
Acteurs Principaux : Luis Tosar, Marta Etura
Durée du film : 01h42
Scénario : Alberto Marini
Musique : Lucas Vidal
Photographie : Pablo Rosso
Date de Sortie Française : 28 Décembre 2011

 

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A propos de Alexis G.

Rédacteur stellaire, parle cinéma, jeux-vidéo et de bien d'autres choses inutiles. Dirige entre autres les larbins qui enrichissent ce blog fondé quelque part aux environs de l'an de grâce 2011. Raconte des bêtises sur @noxkuro

1 Comment

  1. Alors ça, ça m’intéresse! Un film que j’irais voir!

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